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Conformité & nLPD

Déontologie et communication : ce qu’un praticien peut afficher sur son site

Un cabinet de santé n’est pas un commerce comme un autre, et son site ne se construit pas comme une boutique en ligne. Les professions de santé sont encadrées par des règles déontologiques qui limitent ce qu’un praticien peut dire de lui-même en public. Connaître ces règles avant de publier évite un faux pas qui pourrait vous valoir un rappel à l’ordre de votre société cantonale.

Le principe : informer, pas vanter

Qu’il s’agisse de la FMH pour les médecins, de la SSO pour les médecins-dentistes ou de la FSP pour les psychologues, le principe directeur est le même : la communication d’un praticien doit être objective et factuelle. Vous pouvez informer le public de ce que vous faites. Vous ne pouvez pas faire de la publicité au sens commercial du terme.

La frontière n’est pas toujours évidente, mais elle se résume souvent à une question : votre site décrit-il une réalité, ou cherche-t-il à impressionner ? Décrire vos prestations, vos horaires et votre approche relève de l’information. Promettre des résultats ou se présenter comme « le meilleur » relève de la publicité, et pose problème.

Ce que vous pouvez afficher

Le champ autorisé est plus large qu’on ne le croit. Vous pouvez présenter votre titre et vos spécialisations reconnues, décrire les prestations que vous proposez, indiquer vos horaires et vos coordonnées, expliquer votre approche de soin, et publier des photographies professionnelles de votre cabinet et de vous-même.

Vous pouvez aussi présenter les membres de votre équipe, les langues parlées, les modalités de remboursement, et toute information pratique qui aide réellement un patient à décider de vous consulter. Un site informatif, sobre et complet est non seulement autorisé, il est apprécié.

Ce que vous devez éviter

Certains éléments, courants sur les sites commerciaux, sont déconseillés ou interdits pour un cabinet de santé. C’est souvent là que les sites génériques dérapent, parce que leur concepteur ne connaît pas le secteur.

Les témoignages de patients arrivent en tête. Sur un site marchand, un avis client rassure. Sur un site de cabinet, il pose un problème déontologique et soulève aussi une question de protection des données, puisqu’un témoignage révèle qu’une personne a été soignée chez vous.

Les promesses de résultats sont également à proscrire. « Guérison garantie », « résultats visibles dès la première séance » : ce type de formulation est incompatible avec la prudence attendue d’un soignant. De même, les comparaisons avec des confrères, les notations, les classements et le ton ouvertement publicitaire sont à éviter.

Les avis Google, un cas délicat

Les avis laissés spontanément par des patients sur Google ou d’autres plateformes échappent à votre contrôle direct. Vous n’êtes pas responsable de ce qu’un patient publie de sa propre initiative. En revanche, solliciter activement des avis, les mettre en avant sur votre site ou y répondre en révélant des informations sur le patient peut vous placer en difficulté. La prudence consiste à ne pas intégrer ces avis à votre site et à répondre, le cas échéant, de manière neutre et sans confirmer qu’il s’agit d’un patient.

Les variations cantonales

Un point souvent négligé : au-delà des règles nationales de votre profession, les sociétés cantonales peuvent imposer des exigences supplémentaires. Ce qui passe dans un canton peut être encadré différemment dans un autre. Selon votre canton et votre profession, il peut être utile de vérifier les règles de votre société cantonale avant la mise en ligne.

Cette vérification n’est pas une contrainte lourde. Elle prend la forme d’une relecture du contenu à la lumière des règles applicables, idéalement avant publication plutôt qu’après.

Le cas des chaînes et des cliniques

Vous avez peut-être remarqué que certaines chaînes dentaires ou cliniques de groupe communiquent de façon nettement plus commerciale qu’un cabinet indépendant. Cela ne signifie pas que les règles ont changé. Cela signifie qu’elles disposent de moyens juridiques pour calibrer leur communication au plus près de la limite. Un cabinet indépendant n’a pas besoin d’aller aussi loin pour être visible, et a tout intérêt à rester du bon côté de la ligne.

Une contrainte qui protège

Il serait tentant de voir ces règles comme un frein. En réalité, elles vous protègent. Un site sobre et factuel inspire davantage confiance qu’un site survendu, surtout dans un domaine aussi sensible que la santé. La retenue n’est pas un défaut de communication : c’est le ton juste pour un soignant.

En résumé

Un praticien peut présenter son titre, ses prestations, son approche, ses horaires et des photographies professionnelles. Il doit éviter les témoignages de patients, les promesses de résultats, les comparaisons et le ton publicitaire. Les règles varient selon la profession et le canton, et méritent une vérification avant publication. Bien comprise, la déontologie n’appauvrit pas un site : elle lui donne sa crédibilité.